Thierry Pécou

Thierry Pécou

Direction artistique et piano

Thierry Pécou est une force tranquille qui bouillonne perpétuellement à l’intérieur. C’est sans doute pourquoi sa musique est aussi habitée. Cette force mêlant douceur et conviction alimente une exploration musicale permanente.

Des couleurs se confrontent et se fondent. Elles donnent naissance à une musique centrée sur les éléments, partant à la rencontre des chants amérindiens ou séfarades, du Mexique ou encore du cri sous toutes ses formes. Chez Thierry Pécou, la musique et le concert deviennent un rituel, une expérience dont le spectateur doit ressortir bousculé, confondu, changé voire transformé.

La musique est un pouvoir agissant sur les gens.

Né en 1965, Thierry Pécou a étudié le piano au Conservatoire National de Région de Paris puis l’orchestration et la composition au Conservatoire National Supérieur de Musique (CNSM).
Très tôt dans sa carrière, il se rend compte que, pour pouvoir réaliser son rêve de « faire résonner le monde entier », il lui faut trouver ses sources d’inspiration à l’écart des notions d’avant-garde et de postmodernité. Il se met alors à la recherche d’un moyen pour rendre à la musique sa dimension de rituel, en allant à la rencontre de cultures aux traditions les plus éloignées possible de l’histoire esthétique du monde occidental. Thierry Pécou est en effet convaincu que la musique, lorsqu’elle est conçue comme un rituel, est en mesure de captiver et d’absorber l’auditeur. Au cours de ses rencontres avec les cultes afro-américains tels le candomblé brésilien ou les rituels chamaniques amérindiens, il découvre que l’un des principaux moyens pour établir cette dimension rituelle est de rendre la musique indissociable du geste corporel. Celui-ci ne doit pas forcément être une danse à la chorégraphie soignée : un simple geste ou même le langage corporel de l’instrumentiste contribuent inévitablement à l’échange d’énergie entre musiciens et public.
Une écoute attentive de l’œuvre de Thierry Pécou permet de retracer sa quête incessante tout autour du globe : les langues et l’imaginaire de l’Amérique précolombienne et des sociétés amérindiennes (Symphonie du Jaguar et la cantate Passeurs d’eau), les traces de l’Afrique et de l’Amérique (dans Tremendum, Outre-Mémoire et L’Oiseau innumérable), l’influence des cultures anciennes de la Chine et du Tibet, ou de la mythologie grecque. Ses œuvres les plus récentes ont été fortement inspirées par les nations autochtones nord-américaines, en particulier par les Navajos et par leurs rituels de guérison. On identifie dans Soleil Rouge les mélopées et les tambours caractéristiques de ces cérémonies. Toujours dans cette lignée créatrice inspirée par la culture nord-amérindienne, le concert-rituel La Voie de la Beauté rend hommage aux rites et mythes célébrés chez les Indiens Navajos.

De même que la forme musicale et le geste de l'interprète sont inséparables, pour Thierry Pécou, l'acte créatif est ancré dans l'histoire, la vie quotidienne, la perception et la compréhension du monde.

Jean-Luc Tamby

Thierry Pécou, toutefois, ne se contente pas de traduire sa théorie passionnée en notes de musique : il est aussi l’un des rares compositeurs à interpréter sa propre musique, que ce soit seul au piano, avec des ensembles de chambre, ou en soliste avec orchestre pour ses concertos pour piano. En se produisant en concert, il met ses idées directement à l’épreuve, et cette interaction avec le public lui apporte l’expérience nécessaire pour poursuivre sa quête d’une musique parfaitement adaptée à la ritualisation de la représentation. En 2009, il décide de fonder l’Ensemble Variances afin de constituer une plateforme pour les rencontres entre la création contemporaine et la musique d’autres traditions.
Source principale de son inspiration musicale, ses voyages sont aussi à l’origine d’un profond engagement — certes plus strictement humain et historique que politique — pour les peuples et les cultures victimes de la colonisation occidentale. Dans plusieurs de ses œuvres, il donne une voix à ceux qui ont souffert de l’ère coloniale : Ñawpa raconte l’histoire de la destruction dont a été l’objet la musique rituelle de l’ancienne civilisation andine de Tawantinsuyu, et Outre-Mémoire ressuscite la mémoire interdite des victimes de la traite négrière.
Bien qu’inspirée par des traditions anciennes et principalement orales, sa musique est loin d’être simple. Pour Thierry Pécou, toutefois, la complexité ne devrait jamais être l’objet d’un art ; elle résulte simplement de l’écoute du monde. Pour lui, écrire, c’est se trouver face à l’Autre, qui ou quoi que cela puisse être. Pourtant, la forme musicale et sa réception ne peuvent être circonscrites par un système ou réduites à l’expression d’une idéologie, et un silence bien placé peut en dire plus long qu’un million de notes.
Sa vision rafraîchissante de la musique a été récompensée par une bourse d’études à la Casa de Velázquez à Madrid, par le Prix Villa-Médicis Hors les Murs, ainsi que par de nombreux prix et commandes de la part d’institutions et d’interprètes renommés. Pour n’en citer que quelques-uns : en 2016, il reçoit le Grand Prix de la musique symphonique (carrière) de la Sacem,en 2010, l’Académie des Beaux-Arts lui décerne le Grand Prix de Composition Musicale de la Fondation Simone et Cino del Duca, le Syndicat de la Critique Théâtre, Musique et Danse lui décerne le Prix pour la meilleure création 2010 et l’enregistrement de sa Symphonie du Jaguar est récompensé par le Grand Prix 2010 de l’Académie Charles Cros et le Diapason d’Or de l’année.
Ses œuvres sont interprétées et enregistrées par des solistes, des ensembles et des orchestres de renommée mondiale (Alexandre Tharaud, Hakan Hardenberger, François Leleux, Kronos Quartet, Quatuor Debussy, BBC Symphony Orchestra, Orchestre Philharmonique de Radio France, Orchestre National de France) à des festivals et sur des scènes du monde entier : au festival Présences à Radio France, à l’opéra Umeå en Suède, à la Gaudeamus Music Week à Amsterdam, à l’Automne de Moscow, aux New Music Concerts à Toronto, au Foro Internacional de Música Nueva à Mexico City, à l’Automne en Normandie et au Festival Ambronay en France, au Bath International Music Festival au Royaume-Uni, au Tampere Choir Festival en Finlande, au Shanghai Spring Music Festival en Chine, au Tokyo Opera City Concert Hall et au Izumi Hall Osaka au Japon, au Wigmore Hall de Londres, à la Elbphilharmonie de Hambourg, à l’Arsenal de Metz, à l’Opéra de Rouen Normandie, et à la Salle Pleyel, au Théâtre de la Ville et au Théâtre des Champs-Élysées à Paris.

Anne van der Heiden

www.thierrypecou.fr

L’Ensemble Variances est soutenu par Ministère de la Culture et de la Communication - Drac Normandie, Région Normandie, Spedidam, Sacem, Ville de Rouen, Odia Normandie, Onda. L’Ensemble Variances est membre de Fevis, Futurs Composés, Bureau Export et Profedim. Il est membre du Groupement d'Employeurs Solstice, subventionné par la Région Normandie.

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